Marie-Madeleine : « La vie plus forte que la mort ? »

Le mardi 8 octobre de 12:30 à 13:30

Marie Madeleine est célèbre dans les romans à sensation comme ayant pu être historiquement la compagne de Jésus. Selon certains évangiles elle serait en tout cas la figure du disciple, avec sa belle façon d’être, de vivre et d’espérer. C’est pourquoi certains en font l’apôtre des apôtres.

« Jésus lui dit : Ne me touche pas.
Mais va trouver mes frères, et dis-leur… » (Jean 20:17)

 

 

 

Santa Maria della Vita a Bologna (Italy), Photo Paolo Villa VR, Pietà  Compianto sul Cristo morto di Niccolò dell'Arca - wikicommons
Marie-Madeleine découvrant le Christ mort
– statue en terre cuite du XVe siècle à Bologne de Niccolo del Arca.

Dans la Bible

Elle est citée dans les quatre évangiles. Marc et Luc la présentent comme une femme libérée par Jésus d’une foule de démons. Jean la présente comme devançant individuellement les apôtres les plus proches de Jésus, faisant d’elle l’apôtre des apôtres.
Des textes du IIe siècle en font l’héritière spirituelle de Jésus, voire sa femme ?

Marc 16
La femme aux 7 démons ?

16:9Jésus s’étant levé au matin du premier jour de la semaine, il apparut d’abord à Marie-Madeleine, de laquelle il avait chassé sept démons. 10Elle alla porter la nouvelle à ceux qui avaient été avec lui, alors qu’ils étaient en deuil et qu’ils pleuraient. 11Quand ils entendirent qu’il était vivant et qu’elle l’avait vu, ils ne le crurent pas.

Jean 20
L’apôtre des apôtres ?

Le premier jour de la semaine, à l’aube, alors qu’il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rend au tombeau et voit que la pierre a été enlevée du tombeau.

2Elle court, rejoint Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l’a mis. »

3Alors Pierre sortit, ainsi que l’autre disciple, et ils allèrent au tombeau. 4Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. 5Il se penche et voit les bandelettes qui étaient posées là. Toutefois il n’entra pas. 6Arrive, à son tour, Simon-Pierre qui le suivait ; il entre dans le tombeau et considère les bandelettes posées là 7et le linge qui avait recouvert la tête ; celui-ci n’avait pas été déposé avec les bandelettes, mais il était roulé à part, dans un autre endroit. 8C’est alors que l’autre disciple, celui qui était arrivé le premier, entra à son tour dans le tombeau ; il vit et il crut. 9En effet, ils n’avaient pas encore compris l’Ecriture selon laquelle Jésus devait se relever d’entre les morts. 10Après quoi, les disciples s’en retournèrent chez eux.

11Marie était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait. Tout en pleurant elle se penche vers le tombeau 12et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis à l’endroit même où le corps de Jésus avait été déposé, l’un à la tête et l’autre aux pieds.

13« Femme, lui dirent-ils, pourquoi pleures-tu ? »

Elle leur répondit : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l’a mis. » 14Tout en parlant, elle se retourne et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était lui.

15Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? qui cherches-tu ? »

Mais elle, croyant qu’elle avait affaire au gardien du jardin, lui dit : « Seigneur, si c’est toi qui l’as enlevé, dis-moi où tu l’as mis, et j’irai le prendre. »

16Jésus lui dit : « Marie. »

Elle se retourna et lui dit en hébreu : « Rabbouni » – ce qui signifie maître.

17Jésus lui dit : « Ne me touche pas ! car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père et mon Dieu et votre Dieu. »

18Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit. »

(Traduction  du grec : voir NBS)

 

Marie-Madeleine pénitente par Le Titien - Musée du Louvre
Marie-Madeleine pénitente par Le Titien – Musée du Louvre

Autres écrits anciens évoquant Marie-Madeleine

Ces textes participent à éclairer le débat, et ils ont nourri une abondante littérature romanesque où Marie-Madeleine serait la femme de Jésus (film « la dernière tentation du Christ » de Martin Scorsese, « Da Vinci code » de Dan Brown, « soif » d’Amélie Nothomb…)

Texte copte du IIe siècle « Évangile selon Marie »

17:14Pierre prit la parole et dit : « Est-il possible que le Maître se soit entretenu avec une femme à notre insu, si bien que nous devrions nous, former un cercle et tous l’écouter ? Il l’aurait choisie, de préférence à nous ? »

Alors Marie se mit à pleurer. Elle dit à Pierre : « Pierre, mon frère, que vas-tu donc penser ? Crois-tu que c’est toute seule dans mon cœur que j’ai eu ces pensées ou qu’à propos de notre Maître, je mente ? »

Lévi prit la parole et dit à Pierre : « Pierre, depuis toujours tu es un tempérament bouillant, je te vois maintenant argumenter contre la femme comme un adversaire. Pourtant, si le Maître l’a rendue digne, qui es-tu toi pour la rejeter ?   

Texte du IIIe siècle «Évangile selon Philippe »

32Il y avait trois (femmes) qui marchaient toujours avec le Seigneur: Marie sa mère, et la sœur de celle-ci, et Madeleine, celle qu’on appelait sa compagne (note : en grec dans le texte copte koinônos ≠ shime épouse). Car Marie était (le nom) à la fois de sa sœur de sa mère, et de sa ‘compagne’ (note : en copte ‘hôtre’ terme qui renvoie au joug que l’on utilise pour attacher des bœufs).

55Quant à Marie Madeleine, le Sauveur l’aimait plus que tous les disciples et il l’embrassait souvent sur la bouche. Le reste des disciples lui dirent : « Pourquoi l’aimes-tu plus que nous tous ? » (note : le baiser sur la bouche est cité plus haut : 31« Nous nous embrassons mutuellement entre parfaits » le baiser rituel était un signe de communion spirituelle, et un rite de transmission, signe de transmission de paroles, de partage du souffle-Esprit)

(Traduction du copte : voir La Pléiade « Ecrits gnostiques »)